Mon avis de gériatre sur … les seniors au volant
Si aujourd’hui 16 % de la population sont des seniors, d’ici 2050 ils en représenteront plus de 50 % et le nombre d’entre eux à posséder le permis de conduire aura doublé. Pour la Prévention routière et la Fédération française des sociétés d’assureurs (FFSA), cette question apparaît comme un enjeu de société majeur et constitue un point sur lequel elle a décidé d’intensifier son action. Explications.
Les “vieilles bonnes habitudes”, le verre au café du coin, le code de la route, l’oubli la ceinture de sécurité, tous ces comportements ne sont pas uniquement liés à l’âge. La voiture pour beaucoup d’entre nous est devenue un prolongement de soit, un second espace de vie privée et c’est la raison pour laquelle, s’en séparer peut-être vécu pour certains comme un véritable drame.
De plus, la conduite est pour de nombreuses personnes une condition sine qua non pour être autonome et mobile. Ce besoin de mobilité est d’autant plus important que nombreuses d’entre-elles ont choisi de vivre dans des zones éloignées du centre ville ou en zones rurales…
Mais avec l’âge, les mauvaises habitudes, mêlées à la baisse de la vue, de l’ouïe ou encore des reflexes peuvent s’avérer encore plus dangereuses… En France, la loi n’oblige pas nos parents à se soumettre à un contrôle médical obligatoire.
Il est vrai que le Comité Interministériel de sécurité routière avait décidé qu’à partir de 2004, les plus de 75 ans devraient effectuer un examen d’aptitude médicale à conduire tous les deux ans par le médecin traitant. Projet tombé à l’eau faute de décret d’application. Par ailleurs, “les médecins n’ont pas voulu prendre cette responsabilité, jugée trop lourde”, explique Jean-François Caillard, Président du Conseil médical de l’association Prévention Routière. Il ajoute que “cet enjeu de santé publique tient dans l’entretien de ses capacités.” Et que “le médecin traitant doit jouer un rôle préventif sur cette question.”
La question du contrôle médical

En Europe, l’Irlande, le Portugal, le Danemark ou encore les Pays-Bas ont mis en place une visite médicale obligatoire pour les conducteurs seniors. D’autres comme l’Espagne, l’Italie ou la Hongrie ont opté pour la mise en place d’un examen périodique pour tous. La France comme la Suède, le Royaume-Uni ou encore l’Allemagne, n’impose quant à elle aucune visite obligatoire, celle-ci n’ayant pas prouvé son efficacité. Nos parents ne sont pas, au regard des statis tiques d’accidentologie routière, des usagers plus dangereux que les autres.
La question de l’aptitude médicale à la conduite n’est donc pas une question d’âge. Cependant même si dans certains pays la visite médicale n’est pas obligatoire, le médecin à un rôle primordial à jouer dans la prévention des accidents de la route. Mais les médecins ne sont pas toujours bien armés pour le faire…
C’est ici que l’entourage (famille, amis, voisins, voire les forces de l’ordre…) se trouve être le relais. Il peut inciter le conducteur à adapter sa conduite à ses capacités et éventuellement à cesser de conduire. Néanmoins, très souvent, le constat se fait par le conducteur lui-même, qui restreint tout d’abord ses trajets puis cesse volontairement de conduire. un article de vivolta.com